Le Miroir Ouvert

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 24 septembre 2008

Cours de théâtre du mercredi 24 septembre

Au cours de cette séance nous avons parlé de Espia a une mujer que se mata, lu le premier mouvement de Oranges (Michaël Glück), débattu sur cette pièce puis nous avons regardé une vidéo : Lire le théâtre à haute voix (extraits).

N’ayant pas pu voir Espia a une mujer que se mata (adaptation et mise en scène Daniel Veronese), je ne m’y attarderai pas. Voici cependant quelques notes que j’ai prises en cours et qui, je crois, pourront m’être utiles ultérieurement.

1.      Espia a une mujer que se mata est une adaptation d’un grand classique, Oncle Vania (Tchekhov). Cette pièce est jouée en version originale, c’est-à-dire en espagnol. C’est pour cela qu’elle est surtitrée. Quelques inconvénients : quand les personnages parlent en même temps le spectateur ne peut pas suivre la conversation, la traduction est imparfaite, etc.

2.      L’espace scénique est unique et très restreint pour un nombre de personnages très important (généralement sept). De plus, une table étroite occupe une bonne partie de l’espace. Les personnages se gênent, s’entassent, s’insupportent : « c’est comme si un anthologiste étudiaient des insectes ».

Après avoir lu le premier mouvement de Oranges (Michaël Glück), nous nous sommes demandés si nous travaillerons sur cette pièce. Parmi les personnes ayant intégré notre groupe cette année, deux élèves sont pour car ils trouvent intéressant l’absence de fil conducteur. Un élève est contre car il y aurait trop d’éléments dispatchés. La semaine dernière, trois personnes ont dit ne plus vouloir travailler sur cette œuvre et l’un d’eux a changé d’opinion car le texte parle du droit des femmes, du retour à la violence en Algérie, etc. Sophie parlera de cette pièce avec Axel et Nadine, nos nouveaux intervenants, avant de prendre une décision. Une chose est certaine, c’est que nous ne jouerons malheureusement pas Oranges : au mieux, nous préparerons une lecture mise en jeu de quelques extraits de l'oeuvre pour décembre.

Enfin, nous avons regardé une vidéo de Philippe Minyana, Lire le théâtre à haute voix (extraits). Pour bien lire un texte de théâtre, il faut avoir manipulé le livre avec lequel on travaille,  faire attention à la position de notre corps, qu’il y est absence de commentaire, savoir différencier lire et jouer et ton, que la parole soit en fusion (« il faut trouver comment ça ce parle »). Le ton est à la base du sens dans notre texte (« tous les comédiens sont des instruments »).

mercredi 17 septembre 2008

Cours de théâtre du mercredi 17 septembre

Jouerons-nous des extraits de Oranges (Michaël Glück) en décembre ? Trois personnes ne veulent plus travailler sur cette pièce car, selon eux, « on y aurait trop touché l’année dernière » et qu’elle serait « un peu molle ». Les autres élèves pensent que travailler de nouveau dessus serait intéressant afin que l’on apprenne l’écoute et le collectif (travail sur le chœur). En effet, le chœur permet de former une unité. Pourquoi ne pas intégrer des extraits de la pièce dans notre travail de fin d’année ?

Nous pouvons, si nous avons besoin de documents sur les spectacles que nous irons voir à l’espace Malraux, en demander à Sophie. Je lui ai prêté les partitions de Un riche, trois pauvres, (Louis Calaferte) en début de cours.

Au cours de l’année, nous pratiquerons divers exercices pour apprendre à écouter (c’est-à-dire à faire le vide en soi et autour de soi), apprendre l’espace,  la maîtrise du corps et de la voix,  à travailler son imaginaire, le collectif, l’humilité, la rigueur et enfin à servir le texte.

" Le théâtre, en raison de son côté spectaculaire et de sa notoriété, attire beaucoup de gens qui ne veulent qu'exploiter leur beauté ou faire carrière. Ils profitent de l'ignorance du public, de son goût faussé, des caprices, des intrigues, des faux succès et de tant d'autres moyens qui n'ont aucun rapport avec l'art. Ces exploiteurs sont des ennemis mortels de l'art. Nous devons user avec eux des mesures les plus strictes, et si nous ne pouvons les changer, il faut leur faire quitter les planches ". La formation de l'acteur, Constantin Stanislavski.

Au cours de cette séance, nous avons fait deux exercices pratiques.

    1. Un objet est situé au centre du plateau et, à jardin, il y a un comédien (X). Y ferme les yeux, se concentre, part de la cour, traverse le plateau en n’oubliant pas de récupérer l’objet et le donne à X. Durant toute la durée de l’exercice, Y garde les yeux fermés.

Objectif(s) : apprendre l’espace.

J’ai réussi la première partie de l’exercice, mais une fois l’objet récupéré, je ne savais plus où j’étais. Je suis allé trop loin et n’ai pas pu donner l’objet à mon camarade. Je me suis trop concentré sur la première partie de l’exercice et au détriment de la seconde.

    1. Improvisation. Deux comédiens sont sur le plateau (X et Y). X donne un objet à Y et, en retour, Y lui en redonne un. Une fois l’exercice terminé, nous l’avons refait mais à quatre.

Objectif(s) : apprendre à travailler son imaginaire et à écouter.

Apparemment, le public semble satisfait de notre première prestation. Selon les spectateurs, Simon fût un très bon meneur et je suis parvenu à m’adapter à la situation qu’il me proposait. Cependant, je ne partage pas cette opinion car j’ai été déstabilisé par ce que me proposait mon partenaire. Un fou rire m’a pris et je ne suis pas parvenu à le dissimuler. J’ai essayé de le faire puis, n’y arrivant pas, de le justifier par la situation installée.

Deuxième essai : cette prestation me semble moins bonne que la première. L’imagination n’était plus au rendez-vous et j’ai pris beaucoup moins de plaisir à jouer. Pas de retour plateau.

Conclusion(s) :

·        Lors d’une improvisation, un comédien mène les autres. Ces derniers doivent accepter les propositions du meneur et s’adapter à la situation.

·        Plus on est nombreux, plus les improvisations sont difficiles car l’écoute doit être meilleure.

jeudi 11 septembre 2008

Sujet d'invention autour de Alfred Jarry, Ubu Roi, 1896

Ce post n'a aucun rapport avec mes cours de théâtre. Il s'agit là d'un travail que j'ai réalisé à partir d'un sujet d'invention sur le théâtre, l'année dernière, et que j'aime beaucoup. J'aimerai donc vous le faire partager.

 

Une mise en scène très contemporaine...

Lundi seize mars, le groupe de recherche et de création théâtrale « Acte Libre » a présenté, devant un public ayant répondu en nombre, une pièce écrite en mille huit cent quatre-vingt-seize par Alfred Jarry : Ubu Roi. La mise en scène a été réalisé par X, l’un des plus grands artistes du vingt-et-unième siècle. Étant donné que j’ai eu la chance d’assister à cette représentation, je souhaite, à vous, lecteurs, vous faire part de mes impressions sur cette mise en scène et sur ce texte.

La mise en scène de X est très déstabilisante mais elle sort de l’ordinaire est et très réussie.
Comme le montre la scène d’exposition, il est fort difficile de dater l’action de cette pièce puisqu’il n’y a aucune indication temporelle précise. C’est pour cela que X a eu assez tôt la bonne, la fabuleuse, la merveilleuse idée d’entraîner le spectateur dans une confusion encore plus grande en ne définissant, dans sa mise en scène, aucune époque. En effet, on peut voir, tout au long de la pièce, trois projecteurs placés sur scène, sur le proscenium, à jardin. Ils forment un contraste flagrant avec « les coupe-choux » et les costumes à l’ancienne – par ailleurs très jolis – que portent les personnages. De plus, on retrouve au clou, à l’extrême cour, quelques enceintes. La musique, mise en valeur par un effet de stéréophonie, est d’ailleurs par moments classique et par d’autres très contemporaine.
Ensuite, le metteur en scène a choisi de respecter certaines traditions théâtrales qui ont aujourd’hui disparues depuis longtemps. Par exemple, au dix-septième siècle, les femmes n’avaient pas le privilège de pouvoir jouer et c’est pour cela que X a confié le rôle de Mère Ubu à un homme, créant ainsi une situation comique en plus dans une pièce déjà burlesque. Chose curieuse puisqu’il n’a pas hésité à confier le rôle des paysans, des gardes, de l’équipage, etc., à des femmes.

Quoi qu’on en dise, je pense que ce sont ces détails là qui font d’une mise en scène banale une mise en scène comme on n’en a jamais vu. J’aimerai maintenant attirer votre attention sur quelque chose de tout aussi réussi que la mise en scène : le texte.
Dans cette oeuvre, qui fut écrite par l’un des plus grands auteurs de théâtre des temps modernes, la situation oscille souvent entre comique et tragique. En effet, Jarry est parvenu à faire rire le spectateur alors que la fable se révèle appartenir au tragique. Par exemple, dans la scène deux de l’acte trois, Père Ubu va, « pour enrichir le royaume, faire périr tous les nobles et prendre leurs biens ». Pour cela, il va devoir faire preuve de cruauté et devra être implacable car il va s’occuper lui-même de la justice et massacrer tout le monde. Ce passage devrait donc être tragique mais les nombreux défauts de Père Ubu le fait pencher nettement vers le comique.
Enfin, Alfred Jarry ne s’est pas contenté d’écrire une pièce où l’humour est au rendez-vous. En effet, pour qu’elle fasse le bonheur de tous, les situations dans lesquelles se trouvent les personnages sont toujours inattendues, surprenantes, stabilisantes. Ainsi, le spectateur se demande tout au long de la pièce comment cela va se terminer. On retrouve ce type de situation à la scène un de l’acte cinq lorsque Mère Ubu profite de l’obscurité pour entourlouper son mari. Ce dernier croit en l’apparition d’un ange mais discute tous les ordres qu’il reçoit. Puis le jour se lève… La stupidité dont fait preuve Père Ubu le met toujours dans des situations délicates et le spectateur a hâte de voir comment il va s’en tirer.

De ma vie, je n’ai jamais vu une mise en scène aussi remarquable et pourtant je suis un grand amateur de théâtre ! Je vous recommande donc d’assister à l’une des représentations d’Ubu Roi, si vous le pouvez. Pour ma part, il ne me reste plus qu’à lire Ubu enchaîné (1899), Ubu cocu (1897), l’Amour absolu (1899) et le Surmâle (1901) car je suis tombé sous le charme de l’écriture de Jarry.

mercredi 10 septembre 2008

Extrait : L'Assemblée des femmes, Aristophane.

MIRAVOINE

En voilà une affaire ! Où diantre a bien pu filer ma femme ? Voilà le jour qui va se lever, et elle a disparu ! Et moi, dans mon lit, une colique m'a pris ; pendant un grand moment j'ai essayé d'attraper mes chaussures dans le noir, et mon manteau... J'avais beau tâtonner, pas moyen de les trouver ! Et le père Crottambide, là-dedans [Il se frotte le ventre frénétiquement] qui se met à tambouriner sans arrêt à la porte de derrière ! Alors je prends le châle de ma femme, vous voyez, et je traîne aux pieds ses sandalettes... Voyons, voyons, où trouver place nette, pour poser ma crotte ? ... Bah ! la nuit, ça va bien m'importe où : à l'heure qu'il est, personne ne me verra faire !

(...) Allons, faut quand même que je pose mon paquet !

Cours de théâtre du mercredi 10 septembre

Quatre personnes ont rejoint notre groupe, une l'a quitté. Nous sommes donc, désormais, seize. Nous n'aurons plus, pour unique intervenant, Christian. En effet, plusieurs artistes assisterons à nos cours tels que des comédiens, des metteurs en scènes, des chorégraphes et des scénographes. De plus, cette année, plus de rencontres seront organisées.

L'épreuve de théâtre que nous subirons le jour du bac, en juin, se déroulera en deux parties : une prestation collective puis un entretien autour du travail que nous réaliserons cette année. D'ici là, nous devons réaliser un dossier dans lequel il y aura des analyses de spectacle (une à trois), un bilan de notre année ainsi qu'un exposé.

Nous jouerons probablement Oranges (Michaël Glück) en décembre puis nous préparerons notre projet pour le bac. Nous ignorons encore de quoi il s'agit. Pourquoi pas un extrait de Clair-Obscur (Israël Horovitz) ou/et de Un riche, trois pauvres (Louis Calaferte) ?

Nous avons également fait le bilan de l'année dernière. Petit rappel. En septembre 2007, nous avons, à partir des théories de Constantin Stanislavski, travaillé sur le subconscient, l'imaginaire et le ressenti. Puis, Sophie nous a proposé, début novembre, de monter notre projet de fin d'année à partir d'une pièce d'Aristophane. Par la suite, nous avons choisi de travailler sur L'assemblée des femmes, traduction moderne. Nous avons fait quelques coupes, enrichi le texte avec des documents historiques, des extraits de loi et nous avons renommé la pièce : nous l'avons intitulé Le combat des femmes. Nous avons présenté notre travail devant un public le 23 mai 2008. En parallèle, nous avions également travaillé sur Oranges, une pièce écrite par Michaël Glück en 2006, mais nous avions dû abandonner notre projet par manque de temps.

Enfin, nous avons fais quelques exercices pratiques pour apprendre à nous connaître.

Voici la liste des spectacles que nous irons voir cette année : Espia a une mujer que se mata, La Maison, Le plus malin s'y laisse prendre, La jeune fille de Cranach, Partage de midi, Le neveu de Wittgenstein, Hamlet, Je te connais depuis longtempsMay B, L'Oral et Hardi, Assoiffés, Et la nuit chante, Littoral, Le jour se lève Léopold !La Dame de chez Maxim et, pour finir l'année, Les Fourberies de Scapin.

page 3 de 3 -