CHOEUR DES POLICIERS

Des cars, des bus, des camionnettes, vous réquisitionnez tout ce que vous pouvez. Quand c’est possible, vous occultez les vitres. Ce qui se passera à l’intérieur, ça vous regarde. De toute façon, pas de sentiments. En haut lieu, on couvre. On approuve. Monsieur Papon, notre préfet…Certains d’entre vous ont fait observer que les matraques gagneraient en efficacité à être plus lourdes. Nous y songeons. Vous aurez bientôt de nouvelles modèles. Plombées qu’elles seront vos machines à effacer les sourires. Tous les coups sont permis. Les mains mortes peuvent rester chez elles. N’oubliez pas, tous. Et leurs papiers, vous les récupérez et vous les brûlez. On se dépense et sans compter, pas de statistiques ni de comptabilité. De l’action. Pas de questions ?

- C’est pas une manifestation pacifique, Chef ?

-T’es qui toi pour poser une question ? T’es avec qui,toi ? Tu fais vraiment partie de la police ? T’étais où à la belle époque ? Au bon vieux temps du Maréchal ? T’as pas lu les papiers du syndicat, mon gars. Les fellouzes…

- Oui Chef.

- Encore des questions ? Non. Parfait. Pas de questions dans la police.