La Maison est un texte extrait de La vie matérielle, une œuvre écrite par Marguerite Duras en 1987. Cet auteur est un écrivain féministe : « Vous dites idéalisation, que j’idéaliserais la femme ? C’est possible. Qui le dit ? Ça ne lui fait pas de mal à la femme, qu’on l’idéalise ». Ainsi, dans cette pièce, Marguerite Duras parle de toutes les femmes en une seule (Cécile Gérard).

Étant donné que cette oeuvre est surprenante, drôle, provocante, la réaction du public est parfois très inattendue : " Une fois je me suis fait injurier par un homme à qui j'ai dû rappeler que ce n'était qu'un spectacle. D'autres soirs, les gens me répondent quand je les regarde. J'aime jouer avec la salle " (Cécile Gérard).

Le dispositif scénique est bifrontal et seulement soixante-quinze personnes peuvent assister à la représentation. Comme le montre le schéma ci-dessus, le personnage interprété par Cécile Gérard déambule sur un petit espace simple pour y évoquer les tâches réelles et concrètes de la femme. La scène est éclairée par six lampadaires démodés ainsi que par des projecteurs sur lesquels il y a parfois des gélatines bleues. Quatre des abats jours des lampadaires sont rouges, l’un est blanc. Les coussins sur lesquelles sont assis les spectateurs sont généralement rouges. Or,  cette couleur est chaude et donc conviviale. De plus, selon Céline Backès, le metteur en scène, « pendant que la femme parle, il y a une soupe de légume qui se prépare, tout près et crée l’atmosphère dans laquelle elle doit parler. (…) Les deux choses, le texte et la soupe, se conjuguent pour créer une atmosphère odorante et conviviale ». Ainsi, le théâtre devient une maison commune.

Je me suis entretenu avec Céline Gérard, la comédienne, à la fin de la représentation, et cette pièce a déjà été jouée en appartement, au Théâtre Paris-Villette puis à l’étranger avant d’être reprise au festival d’Avignon 2007.

Un texte drôle, une mise en scène réussie, une ambiance chaleureuse, un dispositif scénique intéressant,… Tous les ingrédients sont là pour que le spectacle se termine sous les applaudissements des spectateurs. A la fin de la représentation, selon Jacques Leleu, l'actrice " voit les hommes gênés et des femmes complices. Il y a des couples qui se hâtent de sortir en silence. D'autres veulent prolonger ces instants précieux où le théâtre nous aide à regarder ce que nous sommes ".