Une fresque en deux parties d'après Alexandre Ostrovski
mise en scène Cécile Auxire-Marmouget

Alexandre Ostrovski (1823-1886) a donné à la scène russe le répertoire qui lui manquait : il a écrit quarante sept oeuvres et ne s'est voué qu'au théâtre. Sa première pièce parue en 1847 puis il a publié des comédies de moeurs, des drames et des chroniques historiques. Selon Cécile Auxire-Marmouget, "l'oeuvre d'Ostrovski (...) concentre en un demi-siècle les mutations de notre société sur plusieurs siècle".  De plus, de nos jours encore, le théâtre d'Alexandre Ostrovski est peu connu en France. C'est pour ces raisons que cette artiste a choisit de mettre en scène On n'évite ni le péché ni le malheur et Le plus malin s'y laisse prendre.

On n'évite ni le péché ni le malheur et Le plus malin s'y laisse prendre ont pour unique point commun leur thème : tous deux parlent de l'argent.

  • On n'évite ni le péché ni le malheur (1862).

Dans ce drame populaire et familial, Babaev, un jeune aristocrate, se laisse prendre dans les filets d’une passion ancienne. Il aime Tatiana. Cette jeune fille n’a, pour échapper à la misère, pas eu d’autre choix que d’épouser un marchand de légumes : Krasnov. Ce dernier est un homme simple, sensible et passionnément attaché à sa femme. Il ne désire qu'une seule chose : que sa femme l'aime. Tatiana sera tentée, pour vivre sa passion avec Babaev, de quitter le foyer conjugal. A la fin de la pièce, Krasnov apprendra donc que Tatiana le trompe, la tuera puis sera livré à la justice.

Alexandre Ostrovski est né à Moscou, dans le quartier des riches marchands. Il aime les ridiculiser car, selon lui, ils ont des manières frustes et grossières. C'est pour ces raisons que ce drame met en scène des personnages issus du monde des marchands.

Le dispositif scénique frontal, représenté ci-dessus, évoluera tout au long de la pièce pour représenter divers lieux : l'appartement de Krasnov, un parc,... A l'extrême jardin, quatre chaises et quatre pupitres permettent à trois violonistes et à un violoncelliste de jouer des extraits de l'oeuvre de Dimitri Chostakovitch.

  • Le plus malin s'y laisse prendre (1868).

Dans cette comédie, Alexandre Ostrovski parle des milieux figés de l’administration russe, où couardise et langue de bois rythment les jours. Un jeune homme pauvre et dévoré par les ambitions, Gloumov, espère accéder à la fortune grâce à un mariage avantageux et à des relations utiles. Pour cela, il tente de séduire une fille à la dot prometteuse. Prêt à tout, Gloumov n’hésite pas à tromper et à corrompre des fonctionnaires.  Seulement voilà : son journal intime sera un jour dérobé et il sera alors démasqué puis chassé.

Ostrovski décrit donc, dans cette oeuvre, les milieux du haut fonctionnariat russe.

A l'extrême jardin, un piano à queue, deux chaises et deux pupitres permettent à deux violonistes et à un pianiste de jouer des extraits de l'oeuvre de Dimitri Chostakovitch.