Hamlet est l'une des plus célèbres pièces de William Shakespeare. Elle a été, probablement, représentée pour la première fois entre 1598 et 1601. Le texte fut publié dès 1603. Dans cette œuvre, la mère d’Hamlet a épousé son beau frère (Anatole Koama) peu après la mort de son mari, le roi de Danemark (Jean-Marc Stehlé). Ce dernier, revenu d'entre les morts, vient apprendre à son fils qu'il a été empoisonné par son frère. Hamlet (François Chattot) doit donc venger son père et, pour parvenir à ses fins, simule la folie.
Le metteur en scène, Matthias Langhoff, prend plaisir à dérouter les spectateurs : les comédiens n’ont ni l’âge, ni le sexe qui convient au rôle. La mère d’Hamlet, par exemple, est bien plus jeune que lui. De plus, Horatio est interprété par une femme puisque Langhoff a confié ce rôle à Agnès Dewitte…
Des tables, au devant de la scène, dessinent un chemin chaotique. À jardin est située une estrade de cabaret ornée d'une coquille Saint-Jacques dans laquelle a pris place des musiciens, dont un pianiste. Quand l'estrade pivote, elle devient un petit théâtre. C'est là que la troupe des comédiens arrivant à Elseneur va prendre place mais, chez Matthias Langoff, elle arrive plus tôt que dans la pièce. Au centre du plateau, derrière les tables, est située une scène de cabaret théâtre avec ses toiles peintes, ses rideaux, et sa scène tournante. Dissimulée derrière un panneau qui peut s'ouvrir, une troisième scène est placée entre les deux. Au commencement du spectacle le panneau affiche une publicité pour le fromage danois.  Enfin, des spectateurs sont installés sur la scène, au beau milieu des comédiens.
La pièce vient à peine de commencer qu’une bande son obsédante répète en boucle le nom de Hamlet et des ses comparses en anglais. Chaque moment clef de la pièce est rythmé par une chanson : plusieurs d’entres elles sont chantées par Gertrude ou par Hamlet, mais toute la troupe y va de bon cœur.
Lors de la célèbre tirade  « être ou ne pas être », une loupiote s'allume dans les gradins, et François Chattot chuchote alors la tirade au public, intime, proche, une belle tranche de théâtre de proximité. De plus, lors des entractes musicaux, des comédiens distribuent aux spectateurs quelques friandises. Cette mise en scène donne donc à la pièce une dimension épique.
Le spectacle, pour le moins surprenant, est constamment à cheval entre le cabaret et la a tragédie. La mise en scène et le dispositif scénique sont originaux, la fable intéressante,... Quelques bémols tout de même : la scène était, selon moi, trop surchargée et les entractes musicaux trop nombreux.

Matthias Langhoff est né en 1941 à  Zurich. Il a mis en scène Le Commerce du pain (Brecht), La Bataille (Heiner Müller), La Mission (Heiner Müller), Au Perroquet vert (Schnitzler), La Duchesse de Malfi (Webster), Les Trois Sœurs (Anton Tchékhov), L’Île du salut (d’après Kafka) et Quartett (Heiner Müller).