Pendant trois ans, j’ai été initié à l’art dramatique. En effet, j’ai intégré, au lycée, une classe avec option facultative théâtre. Cela m’a permis d’acquérir une culture théâtrale, une pratique, des connaissances et des techniques. J’ai interprété des rôles variés et rencontré de nombreuses difficultés lors du travail de plateau. Cependant, j’ai pris beaucoup de plaisir à jouer.  De plus, j’ai approfondi mes connaissances en fréquentant « le spectacle vivant » de la programmation de l’Espace Malraux. J’évoquerai donc, dans ce dossier, mon parcours personnel et ma pratique théâtrale au sein de l’option.

  • Seconde

En classe de seconde, nous avons travaillé sur de nombreux auteurs. En effet, nous avons interprété, en début d’année, des extraits de Théâtre sans animaux (Jean-Michel Ribes), La Voix humaine (Jean Cocteau), Cette quantité d’oubli (Jean-Yves Picq) et La grande imprécation devant les murs de la ville (Tankred Dorst). De plus, au troisième trimestre, nous avons réalisé un montage, Scènes de ménages…, dans lequel il y avait des fragments des œuvres de Molière, Saunders, Mirbeau, Courteline, Feydeau, Albee, etc.

 

  • Première

 

Nous avons travaillé, en début d’année, sur le subconscient, l'imaginaire et le ressenti. Notre professeur nous a proposé, début novembre, de monter notre projet de fin d'année à partir d'une comédie qui fut écrite vers 392 avant Jésus-Christ : L'assemblée des femmes (Aristophane). Nous avons fait quelques coupes puis enrichi le texte avec des documents historiques et des extraits de loi. Nous avons présenté notre travail devant un public en mai. En parallèle, nous avons également travaillé sur Oranges, une pièce écrite par Michaël Glück en 2006, mais nous avons dû abandonner notre projet par manque de temps.

 

  • Terminale

 

Dès septembre, nous nous sommes demandés si nous devions reprendre le travail que nous avions abandonné en première : devions-nous faire une lecture mise en jeu de Oranges, une œuvre écrite par Michaël Glück en 2006 ? Comme un rêve ou un cauchemar d’Algérie, cette pièce fait entendre les voix de ceux, vivants ou morts, qui ont été plongés dans les conflits ou qui y ont pris part. Nous étions nombreux à vouloir travailler de nouveau dessus. C’est pourquoi nous avons continué. Nous avons lu Le chant de la mêlée (Frédéric Vossier) afin de savoir quelles scènes garder de ce texte : nous pouvions choisir des fragments de l'oeuvre pour leur dimension politique, musicale, ou pour les sentiments qui y sont exprimés. Après avoir choisi les extraits que nous voulions jouer, nous avons distribué les rôles. J'ai eu celui de Paul. Il me convenait car, même si j'aurai préféré celui de Nordine, je pensais qu'il me serait plus facile d'interpréter ce personnage plutôt que celui de Paul. Nous avons travaillé sur cette œuvre jusqu’au vacances de Noël. J'avais du mal, lors des premières séances, à interpréter ce rôle, notamment à cause de ses relations avec Assia. Le filage que nous avons fait le mercredi dix décembre fut assez catastrophique : à la scène cinq du deuxième mouvement, un rire nerveux, par conséquent incontrôlable, me déstabilise. Je perds mes moyens. J'essaye de me concentrer mais c'est trop tard : j'entraîne déjà avec moi Johan. On continue, malgré tout, à lire notre texte. Le résultat n'est pas celui que l'on peut espérer une semaine avant la représentation : des phrases sont sautées, nous ne sommes pas en choeur, etc. Peu avant la fin du cours, notre professeur nous a demandé de reprendre quelques passages. Ce fut déjà mieux. Nous avons joué devant un public le mercredi dix-sept décembre, vers dix-sept heures. La lecture a duré près de quarante-cinq minutes. Malgré quelques problèmes de rythme, d'articulation et, selon un élève, de concentration, le retour de plateau est plutôt positif. Le texte, qui pourtant est très engagé, très violent, a plût aux spectateurs.

Lors du cours de théâtre du mercredi premier octobre, nous avons lu une pièce de Rémi De Vos : Débrayage. Cette œuvre, publiée depuis octobre 1996, parle du monde du travail. Selon l’auteur, « C’est une comédie. Ça fait rire. Ça doit. Pourtant le sujet est terrible. Ça fait rire quand même. Ça peut ». Ayant beaucoup aimé cette pièce, nous avons voulu, pour notre prestation de fin d’année, réaliser un montage sur le thème du travail. Nadine nous a donc proposé de travailler sur cinq oeuvres : Top Dogs (Urs Widmer), Push Up (Roland Schimmelpfennig), Top girls (Caryl Churchill), Débrayage (Rémi De Vos), et Après la pluie (Sergi Belbel). Pour ma part, j’ai joué dans un extrait de Top Dogs, « Vous êtes viré Laurent ». Cette pièceraconte l’histoire de managers qui étaient à la tête de leur entreprise et semblaient inattaquables quand, pour cause de restructuration, ils ont été licenciés. Ces Top Dogs, désormais au chômage, sont pris en charge par une entreprise de réinsertion : la New Challenge Company. Sur un rythme soutenu, Urs Widmer enchaîne des saynètes où les anciens leaders, pétris de leur langage d’homo œconomicus, sont soumis à des psychothérapies de groupe, jeux de rôles et batailles de mots. Ce qui rend cette analyse du fonctionnement du marché drôle et lucide. Je n’ai malheureusement pas pu participer à la représentation qui a eu lieu mercredi treize mai : je devais me rendre, ce jour là, en Bretagne, car j’y avais un entretien le lendemain. Le retour de plateau est, a priori, plutôt mitigé. L'ensemble serait satisfaisant mais quelques élèves n'étaient apparemment pas dans leur rôle et une partie du public ne semble pas avoir apprécié le texte, car ce dernier serait trop violent. À noter également, pour certains comédiens, des problèmes de diction.

Au cours de l’année, nous avons pratiqué divers exercices. Mercredi dix-sept septembre, par exemple, nous avons fait un exercice d’improvisation : deux comédiens sont sur le plateau (X et Y). X donne un objet à Y et, en retour, Y lui en redonne un. J’ai travaillé avec Simon. Le public semblait satisfait de notre première prestation. Selon lui, Simon fût un très bon meneur et je serai parvenu à m’adapter à la situation qu’il me proposait. Cependant, je ne partageais pas cette opinion car j’ai été déstabilisé par ce que me proposait mon partenaire. Un fou rire m’a pris et je ne crois pas être parvenu à le dissimuler. J’ai essayé de le faire puis, n’y arrivant pas, de le justifier par la situation installée. Le deuxième essai me semble moins bon que le premier. L’imagination n’était plus au rendez-vous et j’ai pris beaucoup moins de plaisir à jouer. Mercredi douze novembre, nous avons dû simuler un combat au ralenti.

Un bilan de l’année plutôt positif : même si j’ai dû surmonter, cette année, de nombreuses difficultés, je crois y être parvenu. J’ai pris beaucoup de plaisir à jouer dans Oranges et dans notre montage de fin d’année, Ma petite entreprise. J’ai travaillé, cette année, sur La formation de l’acteur car, que ce soit en seconde, en première ou en terminale, nous avons parlé de Constantin Stanislavski. J’ai donc voulu lire un de ses ouvrages : selon Jean Vilar, « Il n’y a pas de comédien authentique qui n’ait (…) emprunté (…) quelques uns des sentiers de cette analyse [La formation de l’acteur] ». De plus, j’ai publié, sur Internet, un carnet de bord dans lequel j’y ai résumé chaque séance.